Deinfluencing : une nouvelle tendance marketing ?

Apparu en janvier 2023, le hashtag #deinfluencing cumule pas moins de 310 millions de vues sur TikTok. Ce nouveau concept qui bouleverse le marketing d’influence sur les réseaux sociaux est de plus en plus adopté par les créateurs de contenus. Derrière cette tendance se cache une véritable stratégie marketing.

Le deinfluencing, c’est quoi au juste ?

Les réseaux sociaux figurent au nombre des plateformes prisées des entreprises pour promouvoir leurs produits. Vous avez certainement déjà vu des vidéos expliquant aux abonnés pourquoi ils devraient acheter un thé amincissant, un shampoing ou un rouge à lèvres. Cette année, une tendance inverse prend de l’ampleur sur YouTube, TikTok et Instagram.

Cette pratique baptisée « deinfluencing » ou « désinfluence » en français consiste tout simplement à déconseiller un produit généralement coûteux et populaire. C’est une façon pour les créateurs de contenus de dire à leurs abonnés : « N’achetez pas ça ». Ils pointent du doigt certains produits qui, d’après eux, profitent d’une publicité excessive avant de proposer à leurs followers des alternatives plus abordables.

Un moyen de se démarquer sur les réseaux sociaux

D’après Pauline Gonry, responsable clientèle chez VOUS Agency, le deinfluencing répond à de nouvelles attentes des consommateurs qui recherchent désormais des contenus plus transparents et authentiques sur les réseaux sociaux. Une vision que partage Reech, expert de l’Influence Marketing. Selon une étude réalisée par l’entreprise en 2023, plus de la moitié des consommateurs pourraient se désabonner si un créateur de contenu incite à la surconsommation. En outre, 35 % arrêteraient de suivre un compte qui promeut des produits ou des marques non éthiques.

La désinfluence est donc une façon de se démarquer des autres tout en s’adaptant aux attentes des utilisateurs sur les réseaux sociaux. Elle permet aux créateurs de contenu de capter l’attention en prônant l’honnêteté, contrairement aux influenceurs qui ont la réputation de recommander tout et n’importe quoi.

Une nouvelle tendance contre la surconsommation

Le principe de la désinfluence, c’est de réaliser une vidéo visant à dissuader le grand public de consommer tel service ou produit. Pour argumenter ses propos, le désinfluenceur partage les expériences négatives qu’il a subi. L’objectif serait d’inciter à ne pas surconsommer et à limiter le gaspillage d’argent.

Les désinfluenceurs dénoncent non seulement le consumérisme, mais aussi les influvoleurs et leurs techniques de dropshipping. Ils n’épargnent personne. Même les produits de grandes marques comme Sephora ou L’Oréal Paris font l’objet de critiques.

Sans surprise, c’est d’abord l’univers des cosmétiques qui est visé par cette stratégie marketing devenue virale sur TikTok. D’après Visibrain, une plateforme de veille des médias sociaux, 55 % des publications avec le hashtag #deinfluencing concerneraient l’univers du maquillage, des produits capillaires et des soins de la peau. La mode se retrouve en deuxième place des domaines ciblés et représente 12 % des posts.

Une stratégie de communication favorisée par les algorithmes

Plus qu’une tendance, le deinfluencing est une stratégie de communication qui rapporte. Les algorithmes décident des posts que les utilisateurs voient sur les réseaux sociaux. Ils personnalisent le fil d’actualité en fonction des centres d’intérêt des consommateurs. Lorsqu’une tendance monte, que ce soit sur TikTok ou Facebook, les algorithmes font qu’elle apparaît au premier rang dans l’ordre d’affichage des contenus. Toujours d’après Reech, près de 40 % des utilisateurs voient les posts de certains créateurs défiler dans leur fil d’actualité sans y être abonnés. Suivre la tendance de la désinfluence sur les réseaux sociaux est donc un moyen de gagner des vues et de profiter d’une grande visibilité.

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