La pollution numérique, késako ?

Le digital a révolutionné notre manière de travailler, de consommer, de communiquer, etc. Des milliards d’utilisateurs ont aujourd’hui accès à Internet. Seulement, force est de constater que certaines de nos habitudes – en l’apparence banales – impactent négativement sur l’environnement. Avez-vous déjà entendu parler de la pollution numérique ? Cette expression désigne toute forme de pollution causée par les équipements et les nouvelles technologies informatiques. D’où vient-elle ? Comment la réduire en entreprise ?

Les causes de la pollution numérique en entreprise

La pollution numérique regroupe l’ensemble des conséquences environnementales liées au secteur informatique. Sa part représente près de 4 % des émissions de CO2 dans le monde. La quantité de gaz à effet de serre qu’il engendre est similaire à celle produite par le Japon. À cela s’ajoutent les déchets électroniques non recyclés. Quels facteurs favorisent ces effets néfastes ?

La fabrication d’équipements digitaux

La pollution numérique survient essentiellement lors de la phase de fabrication. Cette étape nécessite l’extraction intensive de minerais (tantale, or, terre rare, lithium, étain, etc.), entraînant une consommation excessive d’eau douce et d’énergies fossiles. Elle contribue également à l’émission de polluants et au déversement de déchets toxiques dans l’eau, dans les sols et dans l’air.

L’utilisation de matériel informatique

Dans le classement des secteurs les plus énergivores, les nouvelles technologies se trouvent à la troisième place. Elles représentent près de 10 % de la consommation globale d’électricité, mais ce n’est pas tout. L’usage des équipements informatiques polluerait autant que le secteur aérien en termes d’émissions de CO2. L’empreinte écologique du streaming est notamment la plus alarmante.

Les équipements arrivés en fin de vie

Une fois arrivé en fin de vie, le matériel informatique échappe généralement aux filières de recyclage réglementées. La plupart des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) sont exportés en Afrique, en Inde ou en Chine où ils finissent dans des décharges sans être recyclés.

L’impact lié au transfert et au stockage des données

Environ 21 % de la pollution numérique est imputable à la gestion des données. Le développement du cloud a entraîné le stockage d’importantes quantités de données dans des data centers particulièrement énergivores. En plus d’être gourmands en électricité, ceux-ci contribuent au réchauffement planétaire en dégageant de la chaleur.

Les gestes éco responsables à adopter pour réduire la pollution digitale

Suivre les innovations technologiques est indispensable pour les structures qui souhaitent augmenter leur chiffre d’affaires. Toutefois, les entreprises devraient aussi limiter leur impact environnemental en utilisant le numérique de manière plus raisonnée. Focus sur les actions à mener en interne.

Bien gérer les e-mails pour limiter la pollution numérique

Les e-mails sont omniprésents en entreprise. Pourtant leur envoi et leur stockage sont gourmands en énergie. Pour y remédier, il convient :

  • De compresser les fichiers ;
  • De ne pas envoyer des documents trop volumineux en pièces-pointes ;
  • De limiter le nombre de destinataires ;
  • De nettoyer régulièrement sa boîte mail.

Réduire la fréquence d’approvisionnement en équipements informatiques

Les entreprises ont la mauvaise habitude de renouveler trop fréquemment leur parc informatique (annuellement au lieu de tous les 3-4 ans). Elles font l’acquisition de nouveaux ordinateurs, imprimantes et smartphones alors que les équipements utilisés par leurs collaborateurs sont encore fonctionnels. Plutôt que de les jeter, il est conseillé de les reconditionner ou de les relocaliser dans d’autres services.

Contrôler la consommation de son matériel informatique

Quelques gestes simples suffisent pour limiter la pollution digitale générée par l’entreprise tout en réduisant le montant de ses factures d’électricité. Les voici :

  • Investir dans des équipements basse consommation ;
  • Débrancher les appareils inutilisés, qu’il s’agisse des imprimantes, de la box internet ou des écrans d’ordinateur.

Éteindre un terminal en dehors des heures de bureau permet de réduire de moitié sa consommation d’électricité et d’optimiser sa durée de vie. Pensez à sensibiliser les salariés à ce sujet en organisant des ateliers par exemple.

Stocker ses données de manière responsable

Vous dirigez une PME ou une TPE ? Plutôt que d’opter pour le cloud, privilégiez l’usage de disques durs externes. Pour les structures plus importantes, le recours au NAS est recommandé. Dans tous les cas, réalisez une copie des données de l’entreprise et conservez-la ailleurs. Ainsi, vous ne perdrez pas vos données en cas de cambriolage, d’incendie ou d’inondation dans vos locaux.

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